Après un an de mise en service et 26 millions de voyageurs enregistrés, on a constaté une augmentation des flux de voyageurs à la gare de Reims.
Pour la gare de Champagne ardenne, le nombre de passages fut de 400 000 pour l'année 2007/2008.
Le succès en terme de traffic est au rendez vous , mais en terme économiques il reste modéré.
Seul Reims décolle avec l’arrivée du TGV-Est, Troyes se retrouve avec une ligne SNCF à la fiabilité catastrophique.
« Le train à Troyes, c’est le point noir.
C’est un vrai handicap. On est déjà à une heure et demie de Paris, mais encore faut-il que le train arrive à l’heure... », s’inquiète Patrice Liénart, président
de la CGPME Aube.
« C’est vraiment un handicap ! », confirme Michel Vignal, président du Medef Aube et PDG de Distrame. « Nous,
on est une société installée à Troyes, mais le coeur économique du pays est à Paris. On y a d’ailleurs une agence. Quand il faut y aller, ce serait tellement simple de pouvoir y aller en
train... ».
Depuis quelques mois, les retards ou annulations de trains sont quasiment systématiques, et il n’y a pas eu de vraies améliorations avec le lancement du TGV-Est. Une catastrophe pour les
pendulaires comme pour les chefs d’entreprise et les cadres qui ont des obligations à Paris. A tel point que beaucoup ont renoncé à emprunter la ligne. « Moi quand j’ai un rendez-vous, je
pars la veille au soir et je dors à Paris », regrette Michel Vignal.
« Pour aller à Paris, maintenant je vais en voiture jusqu’à Marne-la-Vallée et je prends le RER », se désole Francis Bécard, directeur du groupe ESC et de la technopole de l’Aube. Des bricolages qui multiplient le stress et réduisent à chaque fois d’au moins deux heures le temps de travail.
Angoisse sur les oraux à l’ESC
Jusqu’à provoquer de sérieuses difficultés. Les défaillances du Paris-Troyes ont déjà piégé des cadres de haut-niveau qui avaient rendez-vous à Paris avec des Américains venus pour une journée à Paris. Des centaines de rendez-vous ont été retardés ou annulés et les pendulaires épuisent la patience de leurs employeurs. En pleine période d’oraux pour son recrutement 2007-2008, l’École supérieure de commerce prie chaque matin pour que les trains arrivent dans les temps. « Le problème, c’est que les candidats ont des oraux prévus dans toute la France. On pourrait encore s’arranger pour leur faire repasser l’entretien à un autre moment, mais ils sont pris toute la semaine à Grenoble, à Lille, à Bordeaux. On peut recruter les meilleurs, mais encore faut-il les voir ! », s’inquiète Francis Bécard qui ne comprend pas comment l’arrivée du TGV dégrade autant le service. « Ou on considère qu’il faut sinistrer une partie de la France ou on maintient la qualité de ces trains », prévient-il.
« C’est inacceptable qu’on n’ait pas l’électrification ! On doit l’avoir. Il n’y a même pas à en parler. On ne pourra plus rentrer en voiture dans Paris, c’est écrit. L’électrification, c’est non négociable ! », tonne Dominique Lemelle, président de la Chambre de commerce et d’industrie. Une électrification qui devrait régler le problème de fiabilité des trains .
Dans ce contexte, l’arrivée du TGV-Est n’inquiète même plus. « Qu’on soit à 1h 10 ou 1h 30 de Paris, on s’en fiche. L’important, c’est d’arriver à l’heure », lâche Francis Bécard. Dominique Lemelle relativise même l’impact du TGV-Est : « On est à une heure de Bezannes. Si on veut aller à Francfort, il faut réfléchir autrement. Une heure quand on voyage, c’est pas beaucoup, si on sait que c’est une heure. Quand il y aura la gare TGV de Saint-Florentin, elle sera à vingt minutes de Troyes par l’autoroute. Il faudrait l’appeler Troyes-Saint-Florentin. »
Reste que pour un département qui a axé sa stratégie de développement sur la captation des flux, l’encerclement par le TGV fait mal. Reims était depuis des
années regardée avec condescendance par les développeurs aubois, elle vient d’un coup de reprendre le leadership.
(article de l'est eclair )
Au fond l'arrivée du TGV ne profite qu'à la ville de Reims au détriment des autres départements et villes importantes de la région. Certes les villes desservies s'en sortent, mais à quel
prix?
Le conseil régional ne doit il pas axer mieux sa politique de transport pour éviter l'isolement d'agglomération
importantes?




